dimanche 20 juin 2010

La roue de médecine 3 - L'est

 
Troisieme semaine de l'atelier du forum de plumes et de crocs consacré à la Roue de Médecine.
 
 Ce que je vais relater se déroule sur plusieurs, jours et plusieurs tentatives. J’ai eu beaucoup de mal à me concentrer sur l’est. Je suppose que la préparation de Litha dans laquelle je m’investis beaucoup depuis quelques jours m’accapare trop pour que je puisse me disperser…

En premier lieu J’ai comme toujours commencé depuis mon jardin intérieur. Je m’y suis retrouvée allongée dans le champ de lotier au pied d’un aulne. Le vent en faisait agiter doucement les fleurs et les feuilles. Ce champ fait face à deux arbres entre lesquels se trouve la porte vers le monde du milieu. J’aperçois au delà de la porte un lieu dont je sais qu’il serait parfait pour explorer l’air et l’est. Une petite montagne cévenole dont le sommet est souvent très venteux et qui fait face à l’est. Mais c’est un lieu dont je ne pourrai plus profiter dans le monde « réel » et l’idée d’y aller même en esprit m’est trop douloureuse. Je détourne les yeux de cette image et de la porte avec un sentiment d’amertume.

Je songe à ce qu’est pour moi l’est. L’air, l’enfance (de la course apparente du soleil, de tout être vivant), l’intellect, l’intuition. Je repense aussi à ces violentes tornades qui dans mes rêves reviennent souvent, me terrifient mais que j’arrive aussi parfois à maîtriser en chantant et incantant en une langue étrange. Je ne sais toujours pas ce qu’elles sont ou signifient. J’espère que l’exploration de l’est m’éclairera.

Je me demande lequel de mes alliés pourra me guider cette fois et je songe immédiatement à la libellule (plus précisément le Gomphus Vulgatissimus). Elle vient se poser sur mon doigt et nous discutons.
Elle m’explique que si elle est associée à l’air, elle l’est à l’eau de façon égale (les odonates sont aquatiques au stade larvaire puis aériens une fois adultes) et ne peut me guider que sur la parenté entre ces éléments qu’elle dit frères et l’axe est/ouest. Elle me montre comment l’air et l’eau sont des reflets l’un de l’autre. Tous deux des fluides au comportement similaire, tous deux composés des mêmes éléments fondamentaux. Cet axe air-est/eau-air me fascine et me paraît fondamental. Mais je décide de me conformer à l’exercice et en rester à l’est.

Quel autre de mes alliés saurait me guider ? Je songe au martinet mais il dédaigne se montrer. Et soudain apparaît la chouette effraie qui vient se poser sur ma main là où était auparavant le gomphus. Je suis très surprise car depuis longtemps je la sais à mes côtés sans qu’elle se soit jamais vraiment manifestée. Ses serres aiguës m’entament légèrement la chair et du sang perle sur ma main. Je décide de ne pas m’en formaliser. La Dame Blanche (nom que j’aime donner à l’effraie) ne dit rien. Elle reste simplement sur ma main et esquisse même quelques gestes de toilette.

Soudain elle se met à battre des ailes tout en restant accrochée à ma main. Quelques plumes se détachent d’elle et volettent alentours. Brusquement c’est un nuage de plumes qui se forme autours de nous et la visibilité devient quasi nulle. Mais il se dissipe bien vite et laisse apparaître un tout autre paysage. Nous ne sommes plus dans mon jardin. La brusque lumière du jour m’aveugle un instant (dans mon jardin la nuit est permanente). Je découvre une large prairie légèrement concave plantée d’arbres épars. Des fleurs multicolores constellent l’herbe haute. Tout est en couleurs pastel. Il y a des attrapeurs de vent et des flèches de prières fichées dans le sol. Les arbres regorgent de carillons et de clochettes. Une brise légère les fait tinter et leur musique se mêle a des chants d’innombrables oiseaux. L’ensemble crée une musique extraordinaire et je songe alors que l’air est porteur du son, porteur des mots, des chants, des messages…

La Dame Blanche passe de ma main à mon épaule gauche où elle me fait encore un peu saigner de ses serres. Elle me donne une sorte d’impulsion qui me fait faire quelques pas. Je découvre bientôt une sorte de portail de bois rouge rappelant ces arches qui mènent aux temples japonais ou chinois. D’autres carillons y sont pendus ainsi que nombre de plumes. Je m’y engage mais ne parviens pas à le franchir et demeure donc sur le seuil. Une forme vaporeuse se dessine de l’autre côté. Je la distingue très mal. Elle me semble vaguement anthropomorphe et est couverte de plumes d’effraie. Mais les plumes sont implantées de façon anarchique sans la cohérence d’un plumage normal. L’aspect qui en résulte n’en est pas moins des plus élégants.
Je sens que cette entité est la gardienne de l’air et de la porte de l’est. Je sens aussi qu’elle est plutôt femelle. Je la contemple, admirative mais je ne peux faire aucun pas vers elle ni lui parler. Je ressens une certaine frustration qui se meut peu à peu en agacement à tel point que je perds complètement ma concentration est sors de mon état de voyage…

En conclusion je n’aurai pas appris grand-chose mais plutôt trouvé des pistes pour une exploration et une rencontre ultérieures. Je n’étais vraiment pas dans de bonnes dispositions pour aller plus loin. Passé Litha j’essaierai d’y retourner et voir si je peux en apprendre plus.

3 commentaires:

  1. Pourrais-tu m'expliquer ce qu'est un attrapeur de vent ?
    Je connais la plupart des instruments de chamanisme mais celui-ci m'est inconnu :)

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  2. Bonjour,
    Un attrapeur de vent c'est simplement un objet conçu pour être animé par le vent (avec des plumes, des bouts d'étoffe,des grelots ou des clochettes, etc...)que l'on fiche au sol ou pend dans un arbre.
    Il est sensé être chargé de prières ou d'intentions qui seront dispersées par les vents, un peu à la manière des drapeaux de prière tibétains.

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  3. Ah d'accord ^^
    J'avais vu une ou deux images mais je ne savais pas à quoi ça servait.

    Merci :)

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